Brassaï à l'Hotel de Ville de Paris

 

Qui n’a jamais rêvé de vivre cette époque bohème, où les cafés et cabarets vibraient sous la coupe des artistes, où l’élégance rimait avec chapeau haut de forme et monocle, où chaque habitant, du badaud aux filles de joie, semblait habité d’une lueur presque énigmatique ? Brassaï, artiste hongrois envoûté comme tant d’autres par la ville Lumière, nous livre les mystères du Paris des années 30 qu’il a su percer.

« Le mur à Paris est le plus grand musée du monde » aimait-il dire. En effet, les clichés de graffitis qu’il collectionne au cours des années illustrent bien l’âme du photographe. Il les observe, retourne étudier leur transformation, essaie de deviner leur sens. Ses clichés de jour dévoilent également Paris dans sa beauté et sa simplicité, qui change de visage selon ses quartiers,  ses habitants. La nuit, Brassaï s’immisce dans les ruelles sombres, tombe sur des mauvais garçons, des prostituées ou des amoureux qui se baladent. Ses prises de vue nocturnes ont la remarquable originalité de se servir de la lumières des villes, celle des becs de gaz ou des phares de voitures. Pour créer le contraste, il utilise également la brume qui rend l’image surréaliste. Et bien sûr, il immortalise le Paris des fêtes, des concerts de jazz et des intellectuels de Montparnasse, où il brille avec Prévert, Miller ou Fargue puis Picasso, qui partage sa passion pour le cirque et les Folies Bergère.
Brassaï ne se contente pas seulement de transmettre la magie de l’époque, il incarne l’esprit de ce Paris des années Folles.

 

Brassaï – pour l’amour de Paris, du 8 novembre – 8 mars 2014, Hôtel de ville, 5 rue de Lobau – 74004 Paris, Métro : Hôtel de ville.

 

 

 

 

 

 

Texte : Victoire Bounine