Sandra Chevrier

Interview

Comment est née votre série de tableaux intitulée Cages, qui représente des visages de femmes semblant porter un masque composé d'images de superheros ?

    Il y a de cela un peu plus d'un an, par une journée  grise, je bricolais avec mon fils.... Pendant qu'il s'amusait avec de la peinture, j'ai eu l'idée de ressortir d'anciennes esquisses, des portraits. J'avais l'habitude de travailler dans le contrôle absolu et la finesse et j'avais, depuis un moment, le goût de briser ces barrières. J'ai donc emprunté à mon fils ses pinceaux légèrement usés et très ébouriffés et j'ai recouvert en partie ces portraits, qui avaient été fait de manière assez léchées,  de peinture et de matière brute. Le contraste était très intéressant et j'y ai vu tout de suite une prison, une cage dans laquelle le sujet était enfermé.  Après plusieurs mois à travailler sur cette série,  c'est encore une fois par l'effet du hasard que m'est venue l'idée d'utiliser les superhéros. Je voulais recouvrir de comic book un meuble à tiroir IKEA mais au moment de m'exécuter je me suis aperçue qu'un des tiroirs était brisé... Alors j'ai eu l'idée d'utiliser ces comic book pour en faire un autre genre de ''cage''. L'utilisation de l'image pop du superhéros créait un dynamisme, un''clash'' très intéressant et transmettait un message social fort, différent.

    Cette série prolonge-t-elle une réflexion? S'inscrit-elle dans une cohérence au regard de vos oeuvres précédentes ?

    L'esthétique dans mes tableaux à toujours été importante, elle joue le rôle précurseur de séducteur en attirant le regard du spectateur. Ensuite, vient le message, assez évident. Bien que le côté moins contrôlé , plus ''brute'' que l'on retrouve dans mon travail aujourd’hui diffère nettement de ce que j'ai fait auparavant, on y voit une suite logique. Je travaille le sujet de l'homme et de l'animal depuis toujours. et puis j'explore le portait depuis de nombreuses années,  sous différentes facettes. Et puis je conjugue regard social et regard intérieur. L'Art pour moi n'est pas qu'une façon de m'exprimer, c'est aussi un langage. Mes tableaux ont souvent été des ''autoportraits'', une façon de extirper de mes démons intérieurs. La série des Cages raconte mon quotidien et celui des femmes et des hommes d'aujourd'hui.

    Vous avez intitulé cette série "cage", pourquoi ? 

    ''Les Cages'' et ''Les Cages Super Héros'' portent un regard sur les femmes d'aujourd'hui en quête de liberté identitaire face au rôle d'héroïne imposée par la société qu'elles doivent entretenir au quotidien. Un rôle déformé et tordu qui cache leur véritable identité et leur beauté intérieure. Une prison sociale que j'ai illustré par les masques de superhéros.

    En quoi ces peintures correspondent -elles au message de la Art Box by Wombat "Deviens ce que tu es " ? 

    Ces masques sont le symbole du fardeau que la société mais aussi que les femmes elles-mêmes s'imposent quotidiennement. Pourquoi ne pas seulement être ce que nous sommes, l'assumer et le vivre pleinement au quotidien sans attentes ni déception ? Nous sommes notre seul maître.